Writober #20

J’ai triché? non, j’ai choisi la téléportation. Les jours sont trop courts. J’en ai probablement zappé quelques-uns, zut… Mais, l’important se trouve ailleurs. L’important se trouve dans l’envie, l’envie d’écrire, l’envie d’inventer, l’envie de surprendre.

Alors, je vous emmène dans un rocking chair où un vieil homme attend le corbeau messager. Il compte bien le suivre sur le chemin qui le mènera au plus près de sa libellule.

J’espère que votre writober aura été productif!

Bonne lecture…

Libellule

Elle aimait parler aux arbres. J’entends encore l’écho de son souvenir dans ma tête. Mon corps alors, s’emballe sous l’ivresse du passé. Je ne suis plus qu’une écume. Je me fracasse. Derrière la vitre, le corbeau de la mort m’attend. Il compte les heures pour moi. Pourtant, je souris, je ne suis pas triste. J’ai hâte de voir se qui se cache derrière les rideaux rouge. J’en ai marre de ce théâtre. Ces gens qui piétinent la scène de la vie comme une comédie ridicule. Je ne peux pas leur en vouloir. Ils ne l’ont pas connue, ils n’ont pas caressé son visage. C’est dans mon ventre qu’elle avait choisi de planter sa graine.

Ma libellule s’est envolée, il y a longtemps. Je me souviens, comme un vieux chien, de la mélodie de son cœur qui battait au même rythme qu’au mien.

Malgré la splendeur de l’hiver, le temps se traîne. J’ai hâte d’entrer dans la profondeur de la nuit. Hier, chez moi, dans ma vitrine d’antiquaire, j’ai retrouvé ce livre ancien que j’aimais tant. Il parle à ma vieillesse. J’aime cet endroit, tranquille, niché au milieu des arbres.

Mon voyage commence. Je le sens comme la rosée posée sur un pétale de rose. Quelque chose de doux qui se glisse sous le velours râpé de ma peau. J’abandonne ici, entre ces pages, un adieu au monde fou qui tremble au dehors. J’espère que le lecteur caressera mes pages comme je les ai caressées.

J’entends le chant de ma libellule.

Enfin.

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